LE SYNDROME MÉTABOLIQUE ET L'HS


Hidradénite suppurée et syndrome métabolique


Stacks Image 362
Le syndrome métabolique est associé à de multiples dermatoses telles que le psoriasis, l’acné, des dermatoses auto-immunes (lupus, lichen plan, vitiligo...) et l’hidradénite suppurée (HS).

Il comprend l’ensemble des facteurs qui prédisposent au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires. Il se définit par l’association d’au moins 3 critères parmi les suivants :
– glycémie > 110 mg/dL (5,6 mmol/L) ;
– triglycérides > 150 mg/dl (1,7 mmol/L) ;
– HDL cholestérol < 40 mg/dL chez l’homme et < 50 mg/dL chez la femme ;
– HTA > 130/85 mmHg ; – circonférence abdominale > 94 cm chez l’homme et 89 cm chez la femme. Il est responsable d’une insulino-résistance et d'une accumulation de graisses lesquelles induisent des troubles hormonaux (hyperandrogénie) et une inflammation chronique.

Le syndrome métabolique est présent dans 32 à 50 % des cas d'HS (Odds ratio [UR de 2,22 en moyenne). Dans l'étude avec prévalence de 50 %, les fréquences vs contrôles étaient de 87 % vs 66 % pour l'obésité (OR 3,45), 43 % vs 28 % pour l'hypertriglycéridémie (OR moyen 1,67), 48 % vs 28 % pour l'hyperglycémie (UR moyen 2,45).

Les autres comorbidités au cours de l'HS sont de nature :
- inflammatoire (inflammation cutanée telle que le pyoderma gangrenosum)
- articulaire comme dans le SAPHO (Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose et Ostéite) (0,6 %);
- digestive telle que la maladie de Crohn (38 %):
-hormonale (syndrome des ovaires polykystiques [16 %], hyperandrogénie).
On rencontre également d'autres occlusions folliculaires : acné dans 27 à 52 % des cas, cellulite disséquante, acné conglobata, sinus pilonidal), des dépressions dans 6 à 50 % des cas et des carcinomes épidermoïdes cutanés dans 3 % des cas.

Il n'existe pas de lien entre la sévérité de l'HS et le syndrome métabolique, ce qui est différent du psoriasis. Le syndrome métabolique est surreprésenté chez les jeunes avec HS: OR 6.2 < 35 ans. L'HS précède le syndrome métabolique (sauf l'obésité), ce qui indique que l'HS représente un vrai facteur de risque du syndrome métabolique. Les deux sont en partie liés par l'inflammation chronique via des cytokines communes (IL1, TNFa), mais aussi par la sédentarité, le régime riche, des facteurs neuropsychologiques (appétit, taux de cortisol)

Au cours de l'HS,
l'obésité n'est pas toujours abdominale, elle est souvent plus périphérique. Elle représente un facteur de risque de sévérité de l'HS et augmente aussi sa fréquence : OR 1,12 pour chaque augmentation d'une unité d'IMC (indice de masse corporelle).

L'obésité augmente les récidives après laser COy. Par ailleurs, une baisse de 15 % du poids améliore significativement l'HS. Obésité et HS sont liées via l'inflammation chronique (insulinorésistance hvperandrogénie). Les frottements mécaniques qui aggravent l'occlusion et les ruptures folliculaires. L'augmentation de la chaleur et de l'humidité dans les plis qui favorise La croissance bactérienne. I'obésité est également liée à la gravité du syndrome métabolique mais une baisse de poids ne le diminue pas.

Le traitement du syndrome métabolique au cours de l'HS repose sur la perte de poids et l'arrêt du tabac. Un régime "sans lait et avec peu de sucre a permis d'obtenir une amélioration chez 86 % des patients. La chirurgie bariatrique est par fois nécessaire. La metformine a été prescrite avec succès au cours d'une étude menée sur 24 patients : 76 % des patients améliorés en 24 semaines avec des doses de 0,5 à 1,5 g/j. Elle a un impact sur les androgènes et l'insulinorésistance
L'acétate de cyprotérone est utilisé en cas de trouble hormonal. Le finastéride (5 mg/j) a fait l'objet de 5 publications totalisant seulement 13 patients. Utilisé seul ou associé, il a entraîné des améliorations et résolutions complètes avec une bonne tolérance durant plusieurs années. Les effets secondaires sur le syndrome métabolique des traitements suivants sont à surveiller rétinoides acétate de cyprotérone, biologiques.. De récentes guidelines proposent une évaluation annuelle des comorhidités NFS, bilan hépatique, rénal, lipidique, glycémie à jeun, HbA1c, poids, taille, circontérence abdominale. tension arterielle. Ce screening est indiqué quels que soit l'âge, le poids et la sévérité.

C. DE BELILOVSKY
Institut Alfred Fournier, PARIS.

POUR EN SAVOIR PLUS
- DAUDEN E. LAZARO P. AGUILAR MD et al. Recommendations tor the Management of Comorbiditv in Hidradenitis Suppurativa. .J Eur Acad Dermatol Venereo.2018:32:129-144
- ERGUN T. Hidradenitis suppurativa and the metabolic syndrome. Clin Dermatol, 2018:36:41 1-47
- THIM ZV, UON HA. Management of Hidradenitis Suppurativa in Patients With Metabolic Comorhidities. Ann Dermatol .2016:28:147-151
- MITIER IM. MCANDREW K. HAMZAVI 1. Prevalence., Risk Factors. and Comorbidities of Hidradenitis Suppurativa. Dernlatol Clin. 2016:34:7-16
- Treilost GUTIVER W et a Cardiovascuar disease risk factors in patients with hidradenitis suppuralva : a svstematic review and meta-analvsis of observational studies. Br I Dermatol 2015:173•1142-1155


L'AFRH est une association de patients experts qui agissent depuis 2000 pour aider les personnes atteintes d'Hidrosadénite Suppurée / Maladie de Verneuil.

Site créé le 15 février 2020
Dernière mise à jour 29 novembre 2022

© 2022 Marie-France Bru-Daprés pour l’AFRH